Crise sanitaire et salariat. Ce que le confinement révèle des formes d’institution du travail

Les notes de l’IES –  n°43 – juin 2020

par Jean-Pascal Higelé

L’actuelle pandémie et l’expérience du confinement ont rappelé qu’en matière de travail, inégales valeurs, utilités, reconnaissances et protections prédominent. Cette note de IES en forme de bilan et d’ouverture tire les premiers enseignements de la crise sanitaire. Si, au plan idéel, chacun et chacune ont pu prendre conscience – du fait de leur arrêt tout provisoire – du caractère nuisible de certaines activités dans l’emploi ou même de certains emplois, toutes et tous n’ont, au plan matériel, pas bénéficié de la sécurité que procurent les formes de droits salariaux les plus avancées : ceux précisément où la rémunération n’est pas déterminée par le marché des produits ou l’occupation au jour le jour d’un poste de travail. Pousser plus loin l’institution positive du travail suppose de généraliser les formes de qualification attachée à la personne et de prendre le pouvoir sur le contenu du travail et sur la production. L’enjeu n’est pas le plein-emploi pour toutes et tous et le revenu universel pour personne (et inversement) mais un droit inaliénable au salaire pour toutes et tous et la maîtrise collective du travail.

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